Jeunes en situation de handicap visuel : 21 ans après la loi de 2005 et 20 ans après la Convention internationale des droits des personnes handicapées, où en est-on ?

Jeunes en situation de handicap visuel, 21 ans après la loi de 2005 et 20 ans après la Convention internationale des droits des personnes handicapées, où en est-on ?

21 ans après la loi de 2005 et 20 ans après la Convention internationale des droits des personnes handicapées, les obstacles restent nombreux. Pour Bruno Gendron, président de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, les résultats de l’enquête 100 % Handinamique le confirment : l’inaccessibilité, notamment numérique, continue de freiner l’accès aux études, à l’autonomie et à l’emploi des jeunes déficients visuels.

L’association 100% Handinamique a rendu publics fin janvier les résultats d’une enquête auprès de 777 jeunes en situation de handicap, âgés de 16 à 35 ans : 70% d’entre eux estiment que notre société n’est pas assez inclusive. Quel est votre regard sur ces résultats ?

Parmi ces jeunes interrogés, 8% ont un handicap visuel. Comme les autres jeunes répondants, ils sont confrontés quotidiennement à l’inaccessibilité matérielle et numérique de notre environnement social, pendant leur scolarité, pendant leurs études, puis dans la vie professionnelle. En outre, l’accès à la compensation est long et complexe.

Comment dans ces conditions peut-on se projeter vers l’avenir, vers une insertion sociale et professionnelle, vers une émancipation ?

Qu’en est-il de la poursuite d’études supérieures ?

L’accès à la compensation pédagogique (documents, ouvrages, supports numériques, etc.) reste largement insuffisant. Les étudiants déficients visuels ont une charge mentale exacerbée par le manque d’aménagements ou la difficulté et lenteur parfois à les obtenir et à les faire respecter. Contrairement au projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’enseignement primaire et secondaire, le plan d’accompagnement de l’étudiant handicapé, où figurent les aménagements, n’est pas opposable… donc parfois pas mis en œuvre !

Tous ces obstacles peuvent conduire les jeunes à abandonner leurs études en cours de route. Comment peuvent-ils ensuite garder confiance et s’insérer durablement sur le marché du travail alors que la formation initiale conditionne fortement l’emploi dans notre pays ?