Photo de mains utilisant un ordinateur braille. Un smartphone est à droite des mains.

Numérique : le livre accessible existe. La bibliothèque, non.

En France, moins de 1 % des bibliothèques et médiathèques publiques respectent l’ensemble de leurs obligations légales en matière d’accessibilité numérique. 780 établissements sur 1 001 n’ont strictement rien publié. Pourtant, les livres numériques accessibles existent — désormais, les éditeurs en produisent. Ce qui manque, ce n’est plus le contenu : c’est la volonté politique d’ouvrir les portes. Et pour des millions de personnes, ces portes fermées signifient l’exclusion — de la lecture, de la scolarité, de l’emploi, de la culture.

Lire autrement : 10 % de la population concernée

Ce 23 avril 2026, on célèbre le livre. Mais quel accès au livre, et pour qui ?

En France, près de 1,7 million de personnes sont atteintes d’une déficience visuelle[1]. Plus largement, on estime à 10 % de la population la part des personnes empêchées de lire sous forme imprimée standard – qu’il s’agisse de cécité, de malvoyance, de troubles « dys », de handicaps moteurs ou cognitifs. Pour toutes ces personnes, le livre imprimé ordinaire – caractères fixés sur papier, impossibles à agrandir, impossibles à lire autrement qu’avec les yeux – reste une impasse.

Comment ces lecteurs accèdent-ils alors au livre ? La réponse est diverse, et ne se réduit pas au numérique. Le livre audio – enregistré par des voix humaines ou produit par synthèse vocale – reste le format le plus largement utilisé, y compris dans des formats spécifiques comme le DAISY (Digital Accessible Information System), conçu pour permettre une navigation structurée dans le texte. Le braille, système d’écriture tactile en points saillants inventé par Louis Braille en 1825, reste irremplaçable pour l’accès autonome à l’écrit – même si seules environ 10 à 15 % des personnes aveugles le pratiquent couramment[2]. Le gros caractères (ou « grands caractères »), enfin, répond aux besoins d’une part importante des personnes malvoyantes. À ces formats s’ajoute le recours à des aides optiques (loupes, téléagrandisseurs) ou à la lecture par un tiers.

Ces usages restent aujourd’hui majoritaires. La bibliothèque Éole de l’Association Valentin Haüy, plus grande productrice française de livres adaptés, propose ainsi plus de 75 000 titres en audio DAISY et plus de 20 000 titres en braille numérique[3]. Mais seulement 8 % des livres publiés en France font l’objet d’une adaptation[4]. Pour la plupart des personnes empêchées de lire, comme pour la population générale d’ailleurs, le numérique ne constitue pas encore la part principale des usages de lecture.

Une partie de ce public s’empare cependant progressivement d’une offre numérique en pleine expansion. Un même fichier, au format ePub (le standard ouvert du livre numérique, équivalent du MP3 pour le son), peut être lu de multiples façons : affiché en gros caractères, lu à voix haute par une voix synthétique, ou restitué en braille sur un afficheur braille (un appareil connecté à l’ordinateur ou au téléphone, dont la surface fait apparaître des points braille sous les doigts du lecteur)[5]. Quand un éditeur produit un livre numérique conçu pour fonctionner dès le départ avec ces technologies, on parle de livre « nativement accessible » – par opposition aux adaptations réalisées après coup par des organismes spécialisés.

En 2026, ces livres nativement accessibles existent. Les éditeurs se sont organisés pour les produire. La promesse est en train de se concrétiser.

Mais nos chiffres disent autre chose : les portes restent fermées.

Sur 1 001 bibliothèques et médiathèques observées par notre observatoire, seules 10 présentent l’ensemble des éléments requis par la loi en matière d’accessibilité numérique. Moins de 1 %. Les autres – 991 établissements – sont en infraction. Et 780 d’entre eux n’ont strictement rien publié : pas de mention, pas de déclaration, pas de schéma. Rien. Comme si la question n’avait jamais été posée.

Concrètement, ça veut dire quoi ?

Imaginez que vous cherchez à emprunter un livre numérique dans votre médiathèque. Vous êtes aveugle, et vous utilisez un lecteur d’écran – ce logiciel qui, via une voix synthétique, vous lit à voix haute ce qui s’affiche à l’écran, et grâce auquel vous naviguez de lien en lien, de bouton en bouton, au clavier ou au toucher.

Dans une étude que nous avons conduite pour le ministère de la Culture sur trois portails de prêt de livres numériques[6], voici ce que nous avons constaté :

  • 73 % des testeurs déficients visuels n’ont pas pu emprunter de manière autonome.
  • Il a fallu en moyenne 36 minutes pour ceux qui y sont parvenus – contre 10 à 20 minutes pour les testeurs sans déficience visuelle.
  • Des boutons sans texte (que le lecteur d’écran ne peut pas nommer), des formulaires mal étiquetés, des interfaces incompatibles avec les technologies d’assistance ont bloqué les utilisateurs à chaque étape.

Pour une personne déficiente visuelle, un portail de bibliothèque non accessible, c’est : ne pas pouvoir emprunter un titre disponible, devoir appeler la médiathèque ou demander de l’aide à un tiers pour faire ce que n’importe quel autre usager fait seul, et être exclu, de fait, d’un service public financé par tous.

Et voici le point essentiel : même si un livre numérique est produit dans un format accessible, il reste inaccessible si la plateforme qui permet de l’emprunter ne l’est pas. La boîte à trésors est là. Mais le couvercle reste bloqué.

Ce que disent nos chiffres

Dans notre observatoire, nous contrôlons trois obligations légales : l’affichage d’une mention d’accessibilité sur le site, la publication d’une déclaration d’accessibilité conforme et actualisée, et la mise à disposition d’un schéma pluriannuel de mise en accessibilité (une feuille de route sur plusieurs années). Voici où en sont les bibliothèques :

  • 11,5 % affichent une mention d’accessibilité.
  • 21,1 % ont publié une déclaration d’accessibilité.
  • Mais seulement 6,8 % ont une déclaration valide – soit à peine un tiers des déclarations publiées.
  • 2,3 % ont publié un schéma pluriannuel.
  • 77,9 % n’ont strictement aucun document d’accessibilité en ligne.

Ces obligations ne sont pourtant pas nouvelles. Elles découlent de l’article 47 de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances[7]. Dès sa première version, le décret et l’arrêté parus en 2009 fixaient à mai 2012 la date limite de mise en accessibilité des services publics numériques. Cela fait 14 ans. La méthode d’évaluation applicable est le RGAA 4.1.2, déclinaison nationale et méthode applicative de la norme européenne EN 301 549, profondément actualisée par les décrets et l’arrêté de 2019. Présenter ces obligations comme récentes serait une erreur de chronologie : c’est une obligation ancienne, régulièrement renforcée, et massivement ignorée.

780 établissements où la question n’a jamais été posée

On s’arrête souvent sur les cas les plus visibles : les bibliothèques qui ont posé un geste, publié une déclaration, signalé leur non-conformité – même si elles ne bougent plus depuis des années. Au moins ont-elles l’honnêteté de dire où elles en sont.

Mais il y a une majorité silencieuse : 780 établissements sur 1 001, soit près de 78 % du secteur, n’ont rien publié du tout. Ce silence a une signification précise : aucun audit n’a été conduit, aucun plan n’a été établi, et aucun usager en situation de handicap n’a pu savoir à quoi s’en tenir depuis ces plateformes.

La responsabilité ne repose pas sur les équipes de bibliothécaires. La plupart du temps, la question de l’accessibilité numérique n’est tout simplement pas un sujet : ni pour les élus qui décident des priorités et des budgets, ni pour les directions des systèmes d’information (DSI) qui portent les projets numériques, ni pour les services de communication qui contrôlent souvent les sites. C’est un problème de gouvernance, pas de bonne volonté individuelle. Mais c’est aussi un problème politique : l’accessibilité numérique ne coûte pas de voix, ne génère pas de couverture médiatique, et ne concerne pas – croit-on – assez d’électeurs pour justifier un arbitrage budgétaire. On se trompe, mais c’est le raisonnement qui prévaut.

La non-conformité déclarée, même ancienne, témoigne au moins d’une conscience du problème. Le silence absolu témoigne d’une absence totale de prise en compte. C’est la forme la plus massive et la moins visible de la défaillance.

Des non-conformités qui s’installent dans la durée

Parmi les bibliothèques qui ont au moins publié une déclaration, la durée moyenne de non-conformité non résolue est de 1 an et 10 mois (675 jours). Certaines situations sont particulièrement préoccupantes :

  • Les médiathèques d’Asnières-sur-Seine : non conformes depuis 4 ans et 11 mois,
  • La médiathèque départementale de Seine-et-Marne : depuis 3 ans et 11 mois,
  • La médiathèque départementale du Var : depuis 3 ans et 10 mois,
  • La bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France : depuis 3 ans et 4 mois.

Ce ne sont pas des périodes de transition. Ce sont des états durables.

Le cas Gallica : la bibliothèque numérique de référence, non conforme depuis plus de trois ans

Le cas de Gallica mérite qu’on s’y arrête. Gallica, c’est la bibliothèque numérique de référence nationale : des millions de documents accessibles en ligne, un patrimoine éditorial considérable, un symbole de la politique culturelle française.

Or, le dernier audit de conformité de Gallica date du 8 décembre 2022. Il révèle un taux de conformité de 39,69 % au RGAA 4.1[8]. Le site est déclaré « non conforme ». Et depuis ? Rien. Plus de trois ans sans mise à jour de cette déclaration, alors même que le RGAA impose une actualisation triennale – ce qui signifie qu’à la date de publication de cet article, la déclaration elle-même est devenue caduque.

Plus révélateur encore : la déclaration d’accessibilité de Gallica indique aujourd’hui encore que la BnF est « en train de mettre en place son schéma pluriannuel ». La même formulation qu’il y a trois ans. Gallica est la vitrine numérique du patrimoine français. Qu’elle reste non conforme pendant plus de trois ans, sans plan de correction visible, est un signal préoccupant pour l’ensemble du secteur des bibliothèques. Si même l’institution nationale de référence ne s’y met pas, avec tous les moyens dont elle dispose… quel message cela envoie-t-il aux collectivités territoriales ?

Une offre accessible qui n’a jamais été aussi riche

Face à ces constats, il serait tentant de croire que le problème vient du livre lui-même, qu’il n’y aurait pas assez de livres accessibles et qu’il ne faudrait donc pas investir sur l’accessibilité des portails de prêt. Mais c’est le contraire. En 2026, l’offre n’a jamais été aussi riche – et les avancées juridiques et éditoriales de ces dernières années le démontrent.

L’Acte européen d’accessibilité (directive 2019/882), entré en application le 28 juin 2025[9], impose que les livres numériques eux-mêmes, les applications de lecture et les plateformes de vente soient accessibles. C’est une offre complémentaire aux formats adaptés produits en parallèle, pour un public spécialisé, dans des circuits séparés.

Du côté des éditeurs, le mouvement est bien engagé. Lors du Festival du Livre de Paris des 17, 18 et 19 avril dernier, le Syndicat national de l’édition (SNE) a rappelé que la profession s’était en grande partie organisée pour produire nativement accessible l’ensemble des nouveaux titres depuis l’entrée en vigueur de la directive. Après des années de promesses, la chaîne de production est en train de changer de modèle. Ce n’est pas rien.

Le livre accessible est donc là. L’obstacle n’est plus le contenu. L’obstacle, c’est l’institution publique censée en permettre l’accès.

Quand la porte légale est fermée, les gens vont ailleurs

L’inaccessibilité des portails de bibliothèques publiques a des conséquences concrètes sur les comportements.

La première réponse, historique, est le recours aux bibliothèques spécialisées qui depuis quelques années bénéficient du Traité de Marrakech, adopté en 2013 sous l’égide de l’OMPI et ratifié par la France[10]. En instaurant une exception obligatoire au droit d’auteur pour la production et l’échange transfrontalier d’œuvres en formats accessibles, il a levé un obstacle juridique majeur. Des organismes comme la bibliothèque Éole de l’Association Valentin Haüy, les Donneurs de Voix ou l’apiDV peuvent, grâce à lui, proposer des ressources adaptées à leurs utilisateurs, en coopérant avec d’autres acteurs francophones. C’est une évolution considérable, qui ne doit pas être minimisée.

Au niveau international, il faut également souligner le rôle du Service mondial d’échange de livres de l’ABC (Accessible Books Consortium), lancé en 2014 sous l’égide, là aussi, de l’OMPI pour mettre en œuvre concrètement les objectifs du Traité de Marrakech[11]. Sa plateforme en ligne permet aux bibliothèques spécialisées participantes – dites « entités autorisées » – de rechercher, commander et échanger des livres en formats accessibles par-delà les frontières nationales, sans autorisation supplémentaire des titulaires de droits. Son catalogue dépasse aujourd’hui le million de titres en plus de 80 langues. En 2021, l’ABC a lancé une application permettant aux personnes déficientes visuelles d’accéder directement à ce catalogue depuis leurs appareils habituels. C’est un mouvement inédit à l’échelle mondiale, et il mérite d’être largement salué et mieux connu.

On l’a vu, les bibliothèques spécialisées jouent un rôle important, mais leur capacité de production reste structurellement limitée. Elles ne peuvent pas couvrir l’ensemble de la production éditoriale, ni se substituer à des bibliothèques publiques de proximité.

La seconde réponse, silencieuse et préoccupante, est le recours croissant à des plateformes de téléchargement illégal comme Z-Library. Le phénomène est documenté : selon une enquête publiée dans la revue Science[12], relayée notamment dans l’article Wikipédia consacré aux bibliothèques clandestines[13], 50 % des utilisateurs de ces « bibliothèques fantômes » y ont recours avant tout par manque d’accès à l’offre légale – barrages tarifaires, mécanismes institutionnels complexes, catalogue insuffisant.

Pour les personnes déficientes visuelles, ces raisons se doublent d’une dimension d’accessibilité au sens technique du terme : un fichier ePub téléchargé depuis ces plateformes est immédiatement lisible[14] par un lecteur d’écran ou un afficheur braille, sans DRM (Digital Rights Management – mesures techniques de protection) complexe, sans étapes d’installation, sans interface inaccessibles. C’est, pour ces utilisateurs, la façon la plus simple, la plus rapide et la plus efficace d’accéder à un réservoir considérable de titres, de façon compatible avec leurs aides techniques – dont les offres légales les excluent pourtant.

Ce n’est évidemment pas une position que notre Fédération cautionne. C’est une réalité que nous ne pouvons pas ignorer, et dont la responsabilité incombe en partie à ceux qui maintiennent l’inaccessibilité des offres légales, notamment au prêt.

Ce qui est en jeu : bien plus que la lecture de loisir

Pendant longtemps, la question de l’accès au livre pour les personnes déficientes visuelles se heurtait à un obstacle matériel : le livre était une chose de papier, imprimée, non reformatable, non vocalisable. L’obstacle était le support lui-même. En 2026, cet obstacle n’existe plus. Ce qui empêche d’accéder au livre dans sa forme numérique, c’est l’incurie des institutions publiques chargées d’en permettre l’accès.

Et ne pas accéder au livre en 2026, quand l’offre existe, ce n’est pas une contrariété mineure. C’est une exclusion qui touche des domaines fondamentaux : le parcours scolaire – manuels, lectures imposées, préparation aux examens ; l’enseignement supérieur et la formation professionnelle ; l’emploi, le maintien dans l’emploi, la reconversion ; la seconde chance, pour ceux qui reprennent des études à l’âge adulte ; et la vie quotidienne tout simplement – romans, guides de santé, livres pratiques, essais. Sauf exceptions, une bonne partie de l’offre éditoriale ordinaire existe désormais en formats accessibles. Elle reste inaccessible faute d’interfaces adéquates.

La différence entre hier et aujourd’hui est fondamentale : hier, l’exclusion était due à l’objet livre lui-même, puis à l’état de la technologie. Aujourd’hui, elle est due à l’état de la volonté politique – ou plutôt à son absence. Ce n’est plus un problème technique. C’est un choix. Ou un défaut de choix.

Le portail national de l’édition accessible et adaptée : une opportunité à ne pas manquer

Acté lors du Comité interministériel du handicap du 6 octobre 2022, le portail national de l’édition accessible et adaptée est confié à la BnF pour sa réalisation et à l’Institut national des jeunes aveugles (INJA) pour la structuration de la filière de l’édition adaptée[15]. Le projet est sur les rails : des réunions de concertation ont lieu régulièrement, et la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées indiquait encore le 18 mars dernier que le projet avançait. Mais les arbitrages tardent à venir. L’appel d’offres pour la réalisation technique n’a pas encore été publié. Et on ne sait pas, en réalité, ce que ce portail fera finalement, ni exactement quand.

Ce que l’on sait, c’est qu’il devrait au minimum constituer un catalogue national permettant de repérer, en un même endroit, les titres nativement accessibles disponibles dans le commerce et ceux qui ont fait l’objet d’une adaptation hors commerce par les organismes relevant de l’exception handicap au droit d’auteur. Pour l’édition adaptée, un téléchargement direct serait possible si l’organisme adaptateur a donné son accord.

Mais la vraie question, celle qui déterminera si ce portail change réellement la vie des lecteurs empêchés, est celle de l’accès effectif à l’offre nativement accessible. Aujourd’hui, un livre numérique accessible peut être emprunté dans les bibliothèques publiques grâce au dispositif PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque)[16] – un système interprofessionnel qui relie éditeurs, libraires et bibliothèques pour le prêt de livres numériques. Mais nos chiffres le montrent : avec 78 % des portails de bibliothèques totalement dépourvus de toute démarche d’accessibilité, les lecteurs déficients visuels ne sont pas près d’accéder par ces canaux au livre nativement accessible.

C’est là que réside l’opportunité du portail national. Si celui-ci parvient à intégrer, en plus du catalogue, un mécanisme de prêt comparable au PNB – permettant aux personnes empêchées de lire d’accéder directement, depuis un portail accessible, à l’offre numérique nativement accessible –, il changera la donne. Pour la première fois, édition adaptée et édition nativement accessible coexisteraient dans un même espace, avec une porte d’entrée unique, conçue pour être accessible. C’est un enjeu décisif, et c’est maintenant que se joue la décision.

Savoir qu’un livre est accessible ne suffit pas. Pouvoir y accéder reste une autre question. Le portail national a l’occasion d’y répondre – à condition d’en avoir l’ambition.

Ce qui doit changer

Nos données seront mises à jour régulièrement. La mobilisation est possible : nous le savons, parce que quelques établissements ont fait le travail, et leurs exemples montrent que c’est faisable.

Mais il faut cesser de traiter l’accessibilité numérique comme un sujet technique réservé aux spécialistes. C’est un sujet de droit. C’est un sujet d’égalité. Et c’est, pour des centaines de milliers de personnes, une condition d’accès à la culture, à l’éducation et à l’emploi.

Le 23 avril, on célèbre le livre. Nous demandons simplement qu’on célèbre aussi le droit d’y accéder.

Données issues de l’Observatoire du respect des obligations en matière d’accessibilité numérique de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, au 20 avril 2026. Périmètre : 1 001 entités, secteur « Bibliothèques et médiathèques ».


Références

[1] Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, « Quelques chiffres sur la déficience visuelle ». – https://aveuglesdefrance.org/quelques-chiffres-sur-la-deficience-visuelle/

[2] AFP/Handicap.fr, « Seulement 10 % à 15 % des aveugles lisent le braille » (2009) et Handicap.fr, « Seuls 15 % des aveugles lisent le braille : urgence ! » (2018). – https://informations.handicap.fr/a-journee-mondiale-braille-10459.php

[3] Association Valentin Haüy, « Lire des livres audio ou des livres en braille » ; Éole, site de la Médiathèque Valentin Haüy (75 000 titres audio, 20 000 titres braille numérique). – https://eole.avh.asso.fr/

[4] Association Valentin Haüy : « seulement 8 % des livres sont adaptés ». – https://www.avh.asso.fr/nos-solutions/lire-des-livres-audio-ou-des-livres-en-braille

[5] Association Valentin Haüy, « Comment les personnes déficientes visuelles utilisent l’informatique ? ». – https://www.avh.asso.fr/fr/favoriser-laccessibilite/accessibilite-numerique/comment-les-personnes-deficientes-visuelles

[6] Étude commandée par le ministère de la Culture (DGMIC), comité de pilotage LINA25, décembre 2024.

[7] Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, article 47. – https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037388867

[8] Déclaration d’accessibilité de Gallica (BnF), consultée le 20 avril 2026. – https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/accessibilite

[9] Directive (UE) 2019/882 du 17 avril 2019 relative aux exigences en matière d’accessibilité applicables aux produits et services (Acte européen d’accessibilité).

[10] Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées, OMPI, 2013. – https://www.wipo.int/treaties/fr/ip/marrakesh/

[11] Accessible Books Consortium (ABC), Service mondial d’échange de livres. – https://www.accessiblebooksconsortium.org/fr/

[12] J. Bohannon, « Who’s downloading pirated papers? Everyone », Science, 2016. – https://www.science.org/content/article/whos-downloading-pirated-papers-everyone

[13] Wikipédia, « Bibliothèque clandestine ». – https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_clandestine

[14] APDEN, « Lire autrement pour apprendre ». – https://www.apden.org/Lire-autrement-pour-apprendre.html

[15] Ministère de la Culture, « L’accès aux livres pour les personnes en situation de handicap ». – https://www.culture.gouv.fr/thematiques/livre-et-lecture/le-livre-et-la-lecture-en-france2/accessibilite-du-livre-et-de-la-lecture2/l-acces-aux-livres-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap

[16] Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB), dispositif interprofessionnel piloté par Dilicom. – https://www.dilicom.net/informations/pnb-pret-numerique-en-bibliotheque