Transcription de la vidéo de Térésa
Que voyez-vous ? Teresa est aveugle mais quand elle court, ça ne se voit pas.
Je m’appelle Teresa Da Mota, j’ai 46 ans, je suis atteinte de Rétinite Pigmentaire. À partir du moment où j’ai commencé à perdre la vue, le sport c’est ce qui est rentré dans ma vie, c’est ce qui m’a un petit peu sauvée psychologiquement… Tout ce qu’on me proposait je l’acceptais, de toute façon j’étais toujours partante. Quand je suis arrivée dans le club, avec mon guide on s’est adapté, parce qu’il y a des personnes qui préfèrent tenir la main, y’en a qui préfèrent tenir le coude. La confiance c’est vrai qu’on est obligé de l’accorder parce que sinon on n’avance pas. Pour quelqu’un de voyant on se pose toujours des questions, « Qu’est-ce qu’on va apporter à une personne non-voyante ? Bon à la limite, on peut tourner en rond sur un stade et puis voilà quoi ». Et bien non, on a un ressenti. Et c’est vrai que quand on change d’endroit, c’est des reliefs différents, des odeurs différentes…Comme tout être humain, on a une mémoire sélective et il y a des choses que je vais imprimer. Mon chien avec sa petite clochette, me permet de savoir où elle est. De l’appeler si elle est trop loin, voilà. Mais elle a tendance à me surveiller et à savoir si tout se passe bien…C’est vrai que pour des déficients visuels, l’idéal c’est le développement des transports en commun, la vocalisation dans les bus, dans les tramways, c’est la liberté, c’est l’autonomie.
Le combat prioritaire de la Fédération des Aveugles : favoriser la mobilité des non-voyants.
Parce que les personnes non-voyantes, et bien, elles se déplacent partout ! Elles sont mobiles mais à condition que la société l’ait prévue dans leur cahier des charges. J’ai décidé d’avoir des enfants, mais une fois que j’avais vraiment la confirmation que j’allais pas avoir un enfant en situation de handicap puisque je le vis… Chacun à son espace, chacun à son autonomie. Je ne veux surtout pas qu’elle soit ma petite infirmière par exemple. J’aime voir tous les types d’Horizons. J’aime bien découvrir, je suis curieuse. Et c’est en bougeant, ce n’est pas en restant dans mon canapé que je vais ressentir tout ça quoi. Il faut bouger pour ressentir, se sentir libre, se sentir vivre.
Dans mon canapé, oui j’aime bien les reportages, quand ils sont super bien décrits par les journalistes. Là je me régale et je me dis que j’aimerais bien partir. J’ai mon guide avec qui je fais du sport qui m’a proposé de partir en Thaïlande. Qui n’a pas peur évidemment. Et qui est prêt à me faire partir. Quand je rencontre des personnes valides et qui ont peur pour moi, je leurs dis : la peur n’évite pas le danger. Allons ! Essayons ! Il faut essayer pour « voir » ! Et après on verra, on s’adaptera.
Les aveugles et malvoyants ne manquent pas de volonté. Ils manquent de moyens ! Aidons-les, chacun à notre façon sur www.aveuglesdefrance.org
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