De l’engagement électoral à l’action locale pour l’accessibilité
Quel bilan tirez-vous de la dernière séquence électorale ?
À l’occasion des élections municipales, la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France que je préside a mobilisé nos associations membres afin de porter localement notre plaidoyer pour des villes et villages plus accessibles et où chaque citoyen trouve sa place.
Je félicite l’ensemble des édiles élus ou réélus et plus particulièrement, les élus en situation de handicap visuel, car nous avons souhaité, dans le cadre de cette élection, mettre en avant leur participation au processus électoral en tant que candidats.
Un regret toujours cependant : les difficultés persistantes d’accès à la propagande électorale, qui ne permettent pas de faire son choix en autonomie comme tout un chacun et d’exercer sans entraves un droit fondamental, le droit de vote.
Les municipales sont désormais derrière nous. Comment agir pour poursuivre la dynamique ?
Dans les semaines et mois à venir, les Maires élus désigneront les membres des commissions communales pour l’accessibilité (CCPA). Pour rappel, ces commissions sont obligatoires dans les communes et intercommunalités de plus de 5000 habitants. Les associations de personnes handicapées visuelles doivent y être représentées.
Ces commissions peuvent être des outils efficaces au service de l’accessibilité universelle mais il est crucial que nous les personnes déficientes visuelles y participions, pour apporter notre expertise d’usage et échanger avec les services municipaux des projets de la commune : aménagement des ERP publics, de la voirie, mais aussi accessibilité numérique des sites Internet et applications qui servent aux démarches du quotidien des habitants.
Comme le dit l’un de nos membres, Gilles Trautman de l’association C’Cité, qui siège à la CCPA de Haguenau ; il faut passer de la logique de « faire pour nous », où les réalisations ne correspondent pas aux besoins, à celle du « faire avec nous », qui prend en compte la qualité d’usage. Ce qui demande beaucoup de travail de persuasion des techniciens et des élus mais qui porte ses fruits car les personnes concernées sont ensuite consultées en amont des projets. C’est ainsi l’exemple de Bourg-en-Bresse avec des réalisations concrètes grâce au travail en CCPA de la représentante de la FAF APRIDEV : balises sonores installées en mairie, dans un centre social, dans un musée, etc., feux sonorisés, bandes d’éveil de vigilance et plus globalement une consultation systématique par les services municipaux. Tous les sujets doivent y être traités, nous dit aussi notre représentant à la CCPA de Lyon : logement, transports, scolaire et périscolaire, etc. Rien pour nous sans nous !
Une commission pour l’accessibilité qui fonctionne, en résumé, c’est ?
Une commission où l’ensemble des usagers en situation de handicap est représenté, où tous les membres sont formés à toutes les questions d’accessibilité, physique et numérique, dans le respect des besoins de chaque citoyen et de la qualité d’usage, en co-construction réelle avec les services municipaux, les élus et tous les acteurs locaux.
Une commission qui pèse sur le choix et la programmation de la mise en accessibilité de l’espace public et des ERP, mais aussi de tous les services proposés à la population, sans négliger un accès effectif à l’information dans des formats pensés pour tous.