Personne déficiente visuel qui semble disparaitre en une poussière de pixels. Inscription : "#GAAD2026 : Pas d'accessibilité numérique. On fait quoi ? On disparait ?"

GAAD 2026 : Accessibilité numérique : l’égalité des droits ne doit pas s’arrêter aux écrans

À l’occasion de la Global Accessibility Awareness Day (GAAD2026), la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France alerte une nouvelle fois sur l’urgence de rendre le numérique réellement accessible à tous.

En 2026, alors que les services numériques sont devenus indispensables pour accéder à ses droits, se soigner, travailler, étudier, se déplacer ou simplement participer à la vie sociale, des millions de personnes déficientes visuelles restent encore confrontées chaque jour à des barrières numériques inacceptables.

Une exclusion quotidienne devenue systémique

Site internet impossible à utiliser avec un lecteur d’écran, formulaire inaccessible, application mobile inutilisable, documents non lisibles, parcours d’achat bloqués : pour les personnes aveugles ou malvoyantes, ces obstacles ne sont pas des détails techniques. Ils empêchent l’autonomie, compliquent les démarches les plus essentielles et renforcent l’exclusion sociale.

Aujourd’hui, l’accessibilité numérique reste massivement insuffisante malgré un cadre légal existant depuis plus de vingt ans. L’Observatoire du respect des obligations d’accessibilité numérique mis en place par notre Fédération le 28 juin 2023 révèle que seuls 407 sur 7560 sites contrôlés respectent leurs obligations d’affichage (mention sur la page d’accueil, déclaration d’accessibilité et schéma pluriannuel) soit 5,38%.

Pourtant, plus de 12 millions de personnes sont directement concernées par une situation de handicap, dont plus de 2 millions de personnes touchées par une déficience visuelle.

Des obligations renforcées… encore trop peu respectées

L’entrée en vigueur d’une directive européenne, en juin 2025 visant à garantir l’accès à certains services et produits aux personnes en situation de handicap, devait marquer un tournant majeur. Cette réglementation étend les obligations d’accessibilité à de nombreux secteurs du privé : banques, transports, e-commerce, livre numérique, audiovisuel ou encore télécommunications.  Mais sur le terrain, les avancées restent largement insuffisantes.

Pour la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, il n’est plus acceptable qu’en 2026 des services essentiels demeurent inaccessibles alors que les solutions techniques existent, que les standards sont connus et que les obligations légales sont clairement établies.

Pour Bruno Gendron, Président de la Fédération des Aveugles de France  « Derrière chaque site inaccessible ou chaque application inutilisable, il y a des personnes empêchées dans leur quotidien : prendre un rendez-vous médical, accéder à leurs comptes bancaires, suivre la scolarité de leurs enfants ou effectuer une démarche administrative. En 2026, ce n’est plus acceptable. Le numérique est devenu indispensable à la vie sociale et citoyenne. Exclure les personnes aveugles et malvoyantes du numérique, c’est les exclure d’une partie de leurs droits fondamentaux. »

La Fédération appelle les pouvoirs publics, les entreprises et l’ensemble des acteurs du numérique à faire de l’accessibilité une priorité concrète et immédiate :

  • Application effective des obligations légales ;
  • Contrôles et sanctions réellement mises en œuvre ;
  • Intégration systématique de l’accessibilité dès la conception des projets numériques ;
  • Formation des professionnels du numérique ;
  • Prise en compte des usages réels des personnes handicapées.

En 2026, l’inaccessibilité numérique ne peut plus être tolérée comme une simple imperfection technique. Comme le souligne Fernando Pinto Da Silva, expert en usages numérique à la Fédération des Aveugles de France « Aujourd’hui, techniquement, tout existe pour rendre les services numériques accessibles. Les standards sont connus, les solutions sont disponibles, les compétences existent. L’accessibilité n’est donc plus une question technique : c’est une question profondément politique. Comme les enjeux environnementaux ou énergétiques, l’accessibilité est un défi de société qui va s’imposer durablement à nous. Avec le vieillissement de la population, l’évolution des usages numériques et l’augmentation des situations de dépendance, il est urgent de préparer dès maintenant des environnements réellement accessibles à tous. Pourtant, les pouvoirs publics tardent encore à prendre pleinement la mesure de cet enjeu. »

Chaque site inaccessible, chaque application inutilisable, chaque démarche impossible constitue une rupture d’égalité. Le numérique doit être un outil d’émancipation, pas un facteur supplémentaire d’exclusion. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France appelle à une mobilisation immédiate et collective pour que l’accessibilité numérique devienne enfin une réalité pour toutes et tous.