Accessibilité numérique : Un site est ou n'est pas accessible.

Un an après l’Acte européen d’accessibilité : un site n’est pas « un peu accessible ». Il l’est, ou il ne l’est pas.

Il y a un an jour pour jour, le 28 juin 2025, entraient en vigueur les obligations issues de l’Acte européen d’accessibilité, désormais inscrites dans notre droit de la consommation. Un an plus tard, la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France pose une question simple : qu’est-ce que ça a changé?

Le constat est sévère. L’accessibilité numérique des sites internet et des applications reste dramatiquement faible, comme le documente, année après année, notre Observatoire du respect des obligations en matière d’accessibilité numérique, alors même que ces services conditionnent plus que jamais l’accès à la banque, aux transports, au commerce, au livre et à l’information. Pour des millions de personnes handicapées, naviguer relève encore trop souvent du parcours d’obstacles.

Le droit, lui, est désormais clair. Des contentieux émergent ici et là, et une récente ordonnance est venue rappeler un principe essentiel : un site ne saurait être « un peu » accessible. Soit il l’est pleinement, soit il ne l’est pas. L’article L. 412-13 du code de la consommation offre désormais un levier concret pour faire valoir ce droit.

« L’accessibilité, comme toutes les questions de handicap, est avant tout une question politique. Il faut la considérer comme telle », déclare Bruno Gendron, président de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France. « Un an plus tard, nous avons vu des choses évoluer, mais c’est encore beaucoup trop lent, et les utilisateurs aveugles et malvoyants sont fatigués d’attendre. Nous sommes des consommateurs comme les autres. Nous empêcher d’accéder aux biens et aux services, c’est nier ce que nous sommes. »

La Fédération des Aveugles et Amblyopes appelle les opérateurs économiques, comme les pouvoirs publics, à transformer cette obligation en réalité quotidienne. L’accessibilité constitue un levier de croissance car elle permet aux consommateurs fussent-ils en situation de handicap, d’être des acteurs économiques comme tout un chacun. Il s’agit de transformer une obligation en une réelle opportunité pour tous, c’est la condition non négociable d’un monde numérique partagé.

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Ana Pereira : 06 10 58 61 62