Un projet fédéral ambitieux pour les cinq prochaines années
Bruno Gendron, président de la Fédération des Aveugles de France, revient sur les grands enjeux du congrès annuel et les ambitions du futur projet fédéral.
Quels sont les temps forts de la Fédération pour le mois de juin ?
Notre congrès annuel à Aix en Provence sera résolument placé sous le signe de l’échange entre associations du réseau, du partage, de la formation et de la réflexion stratégique à 5 ans.
Sans mauvais jeu de mots, avoir une vision à 5 ans, cela ne doit pas être simple par les temps qui courent. Pouvez-vous nous dire quelques mots de ce que va contenir ce projet fédéral ?
Notre projet couvrira 4 axes visant à répondre à des défis majeurs :
- laisser les jeunes déficients visuels prendre leur place dans la société et accompagner leur entourage et l’environnement ;
- accompagner le parcours des personnes âgées déficientes visuelles dont le nombre va exploser dès 2030 et qui sont, à ce jour, un angle mort des politiques publiques ;
- rendre plus visibles les difficultés d’accessibilité numériques et physiques et faire évoluer les pratiques, sans oublier d’élaborer une doctrine sur l’intelligence artificielle.
- Le dernier volet va s’attacher à accompagner notre réseau de membres pour rajeunir son image et ses pratiques, encourager les coopérations et travailler les modèles socio-économiques dans un contexte qui se contraint de plus en plus.
C’est un projet ambitieux. Comment impulse-t-on de tels changement lorsqu’on est une Fédération ?
C’est une bonne question ! Vous pointez-là une réalité qui fait à la fois la force de la Fédération mais qui la met aussi face à une exigence : nous ne pouvons rien imposer, il nous faut convaincre et embarquer nos membres. Nos associations membres nous rejoignent car elles partagent nos valeurs, viennent chercher un appui. Mais cela ne suffit plus, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’unité et d’entraide. Le réseau de la Fédération est riche de près de 50 associations très diverses mais qui ont, chacune à leur façon, une expertise à apporter, qu’elle soit professionnelle ou d’usage, qu’elle soit portée par les personnes concernées elles-mêmes ou par des personnes voyantes, salariées comme bénévoles. Pour impulser notre projet, nous avons d’abord largement associé toutes ces composantes aux échanges, et nous continuerons à le faire dans sa mise en œuvre car ce projet, c’est le nôtre au sens large, c’est un projet de citoyenneté avant tout. Le tissu associatif est l’expression même de la vitalité citoyenne, dans toute sa diversité. À ce titre, la Fédération soutient résolument la campagne « La France qui (se) bat », lancée hier par le Mouvement associatif et France Générosités, car il est aujourd’hui primordial de défendre le modèle associatif.